Les CAF Awards au coeur d’un énorme scandale

Hier soir, la cérémonie des CAF Awards a fait des heureux mais aussi de nombreux déçus. Les résultats ont d’ailleurs fait couler beaucoup d’encre…
En cette fin d’année 2023, l’heure est à la distribution de nombreux prix. Le 30 octobre, Lionel Messi a remporté son huitième Ballon d’Or à Paris. Hier soir, c’est Victor Osimhen qui a été élu Joueur Africain de l’année lors de la traditionnelle cérémonie des CAF Awards. Le buteur du Nigéria a été récompensé, lui qui a porté Naples lors de la conquête du titre et qui a terminé meilleur buteur de la Serie A 2022-23. Pour toutes ces raisons, mais aussi parce qu’il est l’un des meilleurs attaquants du moment, l’ancien joueur du LOSC a donc été couronné puisqu’il a reçu le plus de votes. Mais les résultats de cette édition 2023 ne plaisent pas à tout le monde.

Les cas Mahrez et Bounou font parler
Tout a commencé bien avant la soirée d’hier soir. Jeudi dernier, la CAF a dévoilé l’identité des trois finalistes pour le titre de joueur de l’année. Victor Osimhen était en concurrence avec Achraf Hakimi (PSG, Maroc) et Mohamed Salah (Liverpool, Égypte). Un trio qui a suscité de l’étonnement voire de l’incompréhension. Beaucoup imaginaient que Yassine Bounou, auteur d’un super Mondial avec les Lions de l’Atlas, ou Riyad Mahrez, vainqueur du triplé historique avec Manchester City, seraient nommés. Cela n’a visiblement pas été suffisant pour les deux joueurs. Après l’annonce des résultats hier, plusieurs médias ont crié à l’injustice. C’est le cas en Algérie où on ne comprend pas pourquoi le joueur d’Al-Ahly n’a pas été au moins parmi les trois finalistes.

Il y a quelques jours déjà, La Gazette du Fennec avait sorti la sulfateuse. « Scandaleux : la CAF écarte Riyad Mahrez de la finale du Ballon d’Or ! », avait titré la publication avant d’ajouter : «on se doutait bien du traquenard ! Organisée à Marrakech le 11 décembre prochain, la cérémonie des CAF Awards 2023 récompensera les meilleurs footballeurs africains de l’année. Énorme sketch, un Africain vainqueur de la Ligue des Champions UEFA ne figure pas dans la liste finale pour le concours du meilleur footballeur de l’année : Riyad Mahrez est ainsi écarté de la course.» La GDF a aussi parlé de « sketch ». D’ailleurs, en soutien à Mahrez, le président de la FAF, Walid Sadi, a refusé l’invitation de la CAF et ne s’est pas rendu à la cérémonie.

Les incohérences du onze de l’année pointées du doigt
Ancien joueur des Verts, Lakhdar Belloumi s’est indigné dans les colonnes de la GDF. «Je suis choqué que Riyad Mahrez ait été exclu de la liste finale des joueurs nommés pour remporter le Ballon d’Or africain. Cela n’a aucun sens d’omettre le nom d’un joueur qui a remporté trois titres historiques la saison dernière avec un aussi gros club que Manchester City. Plus encore, il a été influent dans la plupart des matchs. Mais il n’est pas le seul à avoir été victime d’injustice, puisque même l’USMA s’est vu ôter le droit de concourir pour le prix du meilleur club africain. Je suis surpris et je ne peux pas connaître les critères qui ont été utilisés pour exclure l’USMA, vainqueur de deux titres, dont la Supercoupe aux dépens du champion de Ligue des champions, Al Ahly.» En effet, les CAF Awards ont entraîné une série de polémiques.

« CAF Awards : Bounou et Mahrez aussi zappés du Onze Africain de l’année ! », a écrit Afrik Foot avant de préciser : «déjà privés de podium pour le prix de Joueur Africain de l’année, Yassine Bounou et Riyad Mahrez ont à nouveau déchanté ce lundi soir à l’occasion des CAF Awards. En effet, le gardien marocain et l’ailier algérien ne figurent même pas dans le onze de l’année dévoilé par la Confédération africaine de football (…) Bounou a été barré par le Camerounais André Onana, qu’il a pourtant devancé pour le prix de gardien de l’année et qui ne figurait même pas dans la liste des 30 nommés pour le titre de Joueur Africain de l’année. Mahrez a quant à lui été devancé par Sadio Mané qui sortait pourtant d’une saison ratée au Bayern Munich en plus de son absence sur blessure à la Coupe du monde 2022. Pourtant auréolé du triplé FA Cup-Premier League-Ligue des champions, le Fennec peut logiquement l’avoir mauvaise pour la deuxième fois en l’espace de quelques jours…»

Le football algérien se sent lésé
Même son de cloche dans les colonnes de La Gazette du Fennec qui a titré : « CAF Awards 2023 : le Onze pathétique qui confirme l’exclusion de l’Algérie ». Le média a ajouté : «on dirait bien que la CAF a une dent contre tout ce qui est algérien. Le doute commençait déjà à s’installer avec l’injuste mise à l’écart de Mahrez du top 3 des joueurs africains malgré une année historique pour le capitaine des Verts, mais également l’absence de l’USMA de la phase finale des CAF Awards, alors que le club algérois a remporté deux titres continentaux, dont la Supercoupe d’Afrique contre Al Ahly en finale… On serait au point de se dire que voir Abdelhak Benchikha parmi les trois meilleurs entraîneurs de l’année est miraculeux.» La GDF se plaint aussi des absences dans le onze de l’année d’Ismaël Bennacer, bon sous le maillot de l’AC Milan avant sa blessure, et de Ramy Bensebaini.

«La présence de Kalidou Koulibaly en tant que latéral gauche de la formation est grandement discutable. En effet, le passage de l’international sénégalais à Chelsea a été un véritable flop. Le Lion de la Teranga a d’ailleurs quitté le club cet été pour Al-Hilal (Arabie Saoudite) dans l’indifférence la plus totale. Ramy Bensebaini, devenu mythique au Borussia M’Gladbach, avant de faire un très bon début de saison au BVB aurait largement mérité la place de défenseur gauche», ont écrit nos confrères, qui se demandent pourquoi Sadio Mané, auteur d’une saison ratée est également présent. Ils ont aussi pointé du doigt l’absence de Bounou. «Enfin, comble du ridicule, le gardien Camerounais André Onana figure dans le onze type pour sa très belle année mais c’est pourtant l’excellent Marocain Yassine Bounou qui a reçu le trophée individuel du meilleur gardien de l’année. Entre incohérence et ridicule, c’est au choix. Au final, ce serait “l’Afrique qui gagne”.»

Des votes qui posent question
Afrik Foot a tenté d’expliquer des résultats incohérents. «Tout simplement parce que les votants ne sont pas les mêmes. Alors que la Commission Technique de la CAF, des journalistes, des joueurs et des entraîneurs ont élu le meilleur gardien, seuls les joueurs professionnels étaient invités à désigner le onze de l’année par l’intermédiaire de la FIFpro. Et ces derniers ont accordé leurs faveurs au Lion Indomptable (Onana), finaliste de la Ligue des champions avec l’Inter Milan, plutôt qu’au 13e du dernier Ballon d’Or (Bounou).» Mais en Algérie, tous ces résultats ne passent pas du tout. Là-bas, on estime d’ailleurs que les Fennecs ont été injustement mis à l’écart.

«Par le passé, Djamel Belmadi, sélectionneur national, dénonçait des traitements de défaveur de la part de la Confédération africaine vis-à-vis de l’Algérie. Après les décisions arbitrales vicieuses, on passe à l’étape supérieure: le dénigrement manifeste. Et cela devient préoccupant. Notamment à quelques semaines de la CAN-2023 (13 janvier – 11 février) qui constituera une étape de rémission importante pour l’équipe nationale (…) Surtout quand on voit qu’elle a jugé Riyad Mahrez pas éligible pour figurer dans les 3 finalistes du Ballon d’Or africain et l’USM Alger pas assez titrée (Coupe de la Confédération et Supercoupe CAF) pour être dans les trois meilleurs clubs de l’année en Afrique. Sans oublier la nomination de Zineddine Belaid pour le joueur inter club ou Farès Chaïbi zappé du trophée du meilleur espoir.» Les CAF Awards n’ont pas fini de faire parler…

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