Coupe du Monde : que risque l’Argentine après le contrôle positif de Papu Gomez au dopage ?

Contrôlé positif à un test anti-dopage datant de novembre 2022, le champion du monde argentin Papu Gómez va être suspendu deux ans. Mais que risque la sélection argentine qui le comptait dans ses rangs au moment de son sacre ?
Chez les 23 champions du monde argentins couronnés le 18 décembre dernier à Lusail, les fortunes sont diverses, et c’est un euphémisme. Si certains, à l’image de Julián Álvarez avec Manchester City, ou de Lautaro Martínez avec l’Inter Milan, traversent une nouvelle saison placée sous le signe de la réussite – ils s’étaient même affrontés en finale de Ligue des Champions le 10 juin dernier -, d’autres naviguent en eaux troubles comme Papu Gómez.

Le champion du monde argentin, qui n’entrait plus dans les plans de José Luis Mendilibar, a en effet été libéré de son contrat par le Séville FC au début du mois de septembre. Un temps cité du côté de Metz, c’est finalement chez le 7e de Serie A, Monza, que le milieu offensif de 35 ans a rebondi, ou du moins, pensait rebondir. Il n’en sera probablement rien puisqu’il devrait être suspendu deux ans pour un contrôle antidopage positif datant de novembre 2022, comme s’en est fait l’écho Relevo ce vendredi, avant que d’autres médias espagnols et italiens ne lui emboîtent le pas.

L’Argentine ne sera pas déchue de son titre de championne du monde
Dans la mesure où le test fut réalisé en amont de la Coupe du Monde – le résultat n’a été dévoilé publiquement que 10 mois plus tard -, le dossier peut s’annoncer épineux à première vue. L’Argentine pourrait-elle être déchue de son troisième titre de championne du monde, compte-tenu de la présence d’un joueur ayant enfreint le règlement antidopage régi par la FIFA, d’autant qu’il a participé à la compétition (il a disputé deux matches, mais pas la finale) ? Si l’on s’en tient au texte du Code Mondial Antidopage, lequel harmonise les règlements des différentes organisations sportives et des autorités publiques à travers le monde, il n’y aura pas de rétro-action. Le texte indique que ni l’équipe nationale, ni le club du joueur concerné, ne courent le risque de se voir retirer un titre dans ce cas de figure. Il aurait fallu qu’au moins deux membres soient directement concernés, comme le stipule l’article 11 du CMA :

«Si plus de deux membres d’une équipe, dans un sport collectif, ont commis une violation des règles antidopage pendant la durée de la manifestation, l’organisation responsable doit imposer une sanction appropriée à l’équipe (par exemple perte de points, annulation d’une compétition ou d’une autre sanction) en plus des conséquences imposées aux sportifs individuels ayant enfreint les règles.» Vainqueur de la Ligue Europa en juin dernier, le Séville FC ne serait donc pas non plus concerné malgré la présence de l’Argentin dans ses rangs. En revanche, Gómez pourrait lui être déchu de ses deux trophées.

La FIFA aurait dû résoudre ce cas avant la Coupe du Monde
Toutefois, le temps de réaction de l’autorité compétente, en l’occurrence, la FIFA, peut faire grincer des dents. Compte-tenu des circonstances (la Coupe du Monde s’est jouée seulement quelques jours après le test réalisé par le joueur avec son club), la FIFA aurait pu suspendre le joueur à titre provisoire, comme l’indique Relevo.

La norme internationale appelle à résoudre ce genre de litiges hâtivement en cas d’évènements majeurs pressants tels que des Jeux Olympiques ou une Coupe du Monde. Il ne s’agit en revanche pas d’une procédure obligatoire, dans la mesure où Gomez a été testé positif à une substance interdite mais considérée comme spécifiée – il dit s’être ingéré du sirop sans la consultation de son médecin -. En tout état de cause, les Argentins n’ont pas à s’inquiéter : ils ne seront pas amputés de leur troisième étoile.

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